Avec les balles en plastique,

de | 27 novembre 2018

le tennis de table est plus physique !

La fin de la balle en celluloïd, remplacée il y a quatre ans par une balle en plastique, a provoqué plusieurs changements dans la pratique du tennis de table. Le physique est notamment devenu prépondérant.

Premier juillet 2014 : balles neuves.
La Fédération internationale de tennis de table décide d’en finir avec le celluloïd, jugé trop dangereux car hautement inflammable lors de son transport.
Place au plastique. Fantastique ? A en croire les pongistes, la pratique du ping en a été changée.
Physiquement, techniquement, tactiquement, les joueurs ont dû s’adapter.

Le physique : plus d’impact, plus de blessures

Il y a unanimité sur ce point : la balle plastique a rendu le tennis de table plus physique. Plus dure, plus ronde, la sphère prend moins les effets.
Par conséquent, les fautes diminuent sur les premiers coups de raquette, notamment la remise de service, et les échanges s’engagent plus facilement. «Ça tape encore plus fort qu’avant car il y a moins d’effets, admet Emmanuel Lebesson, champion d’Europe 2016. Il peut y avoir trois ou quatre coups très puissants au début du point. Il faut être prêt à répondre en étant bien positionné pour rentrer dans la balle.»

L’arrivée de nouvelles balles et de nouveaux gestes sous l’influence des joueurs chinois rendent ce sport de plus en plus explosif.
la discipline est un sport de plus en plus physique vivant d’importantes évolutions. Auparavant en celluloïd, elles sont désormais en plastique depuis
plus de quatre ans. Si ce changement de matière semble être un détail pour les joueurs du dimanche,il a d’importantes conséquences pour les joueurs de haut niveau. La balle plastique prend moins les effets et adopte un rebond plus régulier. La durée des échanges est donc rallongée, car il est plus facile d’anticiper les trajectoires, tout en contrôlant mieux la balle.
« On fait moins de fautes dans le jeu, c’est aussi plus facile de remettre les services », explique Alexandre Robinot, joueur professionnel et membre de l’équipe de France. Mais d’un autre côté, « les entraînements et les matchs sont davantage physiques », poursuit le pongiste. « Cela nous oblige à faire plus attention et à moins tirer sur la corde à l’entraînement. Le risque de blessures est augmenté », ajoute Patrick Chila, ancien champion aujourd’hui entraîneur de l’équipe de France.
Malgré les critiques du milieu, la ­Fédération internationale de tennis de table (ITTF) est restée inflexible, justifiant cette modification pour des raisons de sécurité: les balles en celluloïd contenaient un gaz nocif hautement inflammable, rendant le transport en camion « trop ­dangereux ».

Les nouveaux revêtements

Autre évolution majeure, les revêtements des raquettes qui sont aujourd’hui des bijoux de technologie. Sous la poussée du marché asiatique – qui compte plusieurs dizaines de millions de joueurs – les fabricants se sont lancés dans une bataille pour améliorer la qualité du matériel. La plupart des revêtements développent aujourd’hui un effet « catapulte ». L’énergie de la balle est absorbée par une mousse élastique lorsqu’elle arrive dans la raquette, puis renvoyée avec plus de force.
« Cela se traduit par un jeu plus explosif, avec des balles qui partent très fort et sont plus difficiles à rattraper », explique Éric ­Guilbert, ancien joueur international aujourd’hui directeur commercial chez Wack sport, boutique en ligne de matériel de tennis de table. Mais cette technologie a un coût, il faut compter entre 30 et 60 € pour un revêtement (une seule face de la raquette), sachant que certains joueurs doivent en changer tous les trois mois.
Dans la course aux meilleurs revêtements, la Chine arrive sans surprise largement en tête. Le tennis de table reste là-bas le sport national et les meilleurs joueurs y sont aussi célèbres qu’un Zinedine Zidane en France. « L’État chinois investit chaque année l’équivalent de un million d’euros dans le développement de matériel de tennis de table. Il existe un revêtement spécial, particulièrement efficace, gardé secret et exclusivement réservé aux joueurs de l’équipe nationale », explique Patrick Chila.

La technique évolue aussi
Dans la foulée du matériel, les gestes techniques ont également beaucoup évolué depuis dix ou quinze ans.
Entre autres, le coup dit de la « banane », qui consiste à attaquer directement la balle en revers – sur des services courts. Née dans les centres de formation chinois, cette technique permet de prendre l’initiative même lorsque le joueur n’a pas le service. Une petite révolution car, jusqu’alors, la plupart des pongistes misaient sur leur service pour mettre en difficulté l’adversaire et attaquer derrière. « C’est une grosse évolution, le jeu est de plus en plus agressif. Avec la banane les joueurs attaquent sur tout, y compris sur les balles très courtes », explique Éric Guilbert. Les Chinois entraînent derrière eux toute la planète tennis de table, et pas seulement les nations traditionnellement fortes comme la France ou l’Allemagne en Europe.
Le niveau moyen des 150 meilleurs joueurs mondiaux a fortement augmenté, avec l’émergence de nouveaux pays sur la scène internationale, comme le Portugal ou le Nigeria.

Source : La révolution permanente du tennis de table – La Croix

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